04 jan

2013 les compteurs sont remis à zéro

Il existe une expression maghrébine typique, qui pourrait se traduire par "ce qui est passé est mort". Elle peut paraitre abrupte mais pour notre compagnie cela revient à dire qu'après une année 2012 de tous les records durant laquelle trois titres de champions du monde en équipe et en solo ont été conquis, nos efforts doivent être maintenus voire accentués. A Montpellier, où les championnats du monde par équipe se déroulaient pour la dernière fois nos danseurs ont conservé les deux titres en show et en battle. A Rio Mounir à levé la ceinture de champion en solo dans une compétition qui pour la première fois exigeait 15 "passages" pour obtenir la victoire. Dans les deux compétitions, littéralement survolées par nos danseurs, nous avons pu constater qu'une nouvelle ère du Break-Dance s'ouvrait.

Plus de place pour le hasard, le haut niveau nécéssite dorénavant une préparation optimale pour obtenir la victoire :

Il faut déjà disposer d'un répertoire de mouvements de plus en plus complet et élaboré et surtout avoir la capacité de les exécuter dans toutes les conditions et face à des outsiders de plus en plus tenaces.

Physiquement, la préparation est devenue essentielle avec des battles de plus en plus intenses tant dans l'engagement que dans le contenu.

Tactiquement, il faut savoir faire preuve d'une grande intelligence de situation face à des juges et des critères de plus en plus exigeants...

Mentalement enfin, il faut se forger une identité et surtout s'y tenir en résistant aux effets de mode qui créent des victoires et des danseurs éphémères. Quand une équipe ou un danseur gagne c'est son "école" de pensée et de pratique qui gagnent.

"Ce qui est passé est mort" signifie simplement qu'au regard de cette évolution vers plus de professionalisme, s'assoir sur un palmarès c'est signer la mort à court ou moyen terme de toute l'équipe voire d'une philosophie de la danse.

En 2013 nous n'avons rien gagné, ou tout au moins nous ferons comme si nous n'avions rien gagné et que tout restait à faire pour continuer à proposer une vision artistique et éthique de la danse que nous portons depuis 13 années désormais.

Le confort est l'ennemi de la progression et de la durée, alors oui nous avons encore plus à prouver en 2013, tant dans la danse que dans la "politique"...

Ajouter un commentaire